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Deux questions se posent alors pour Maxime : pourquoi ne retournerait-il pas au Vietnam ? Et pourrait-il faire sa vie avec la jeune femme, lui qui vit au jour le jour ?
Désormais seul, Manuel fait le grand saut dans la déprime. Les policiers ont dénombré 646 appels à son ex entre le 13 octobre et le 8 novembre, dont 119 le 7 novembre. « C’est pas du harcèlement, ça ? » Manuel ne comprend pas. « Je ne savais pas si elle m’avait bloqué », alors dans le doute, il fait bis. Quand il n’y tient plus, finalement, Manuel traîne sa carcasse jusqu’au palier de sa femme. Le 7 novembre d’abord, puis le 8 novembre. Il s’excite seul devant l’huis qui demeure clos. « Si j’avais une arme, ce serait bang bang dans ta tête, et bang bang dans la mienne. Tu vas ouvrir, et c’en sera fini de tout cela. » Héléna appelle la police, qui ramasse un pochard vociférant qui pointe à 2,14 grammes à l’alcootest.
La procureure requiert contre Manuel, dont le casier est vierge, un an de prison, dont six mois de sursis probatoire avec l’obligation de soins, de travail, et l’interdiction d’entrer en contact avec la victime, mais craint que Monsieur reste sourd aux avertissements de la justice. La défense la rassure : « Monsieur, il a peur. Cela va cesser, car le fait d’être devant vous, aujourd’hui, c’est suffisant pour un profil comme celui-ci. » En guise de derniers mots, Manuel, qui sans s’arrêter psalmodie en portugais dans sa cage en verre, dit enfin : « Je ne suis jamais allé travailler sans dire au revoir à ma fille ! »
C’est à un Manuel toujours tremblant que le tribunal a finalement infligé une peine de 4 mois de prison avec sursis probatoire, comprenant les obligations et les interdictions demandées par le parquet, ainsi qu’une interdiction de se rendre dans la commune de Bessancourt.
Elles tirent à balles réelles: pour les dizaines de femmes dans ce centre de tir près de Johannesburg, dompter une arme à feu est un moyen de se protéger dans un pays où une femme est assassinée toutes les trois heures.
"Les femmes sont des cibles dans ce pays", explique Matsie Noge, une autre participante au stage d'initiation aux armes réservé aux femmes, organisé par l'Association des propriétaires d'armes à feu en Afrique du Sud (GOSA).
Cette mère de famille est venue avec sa fille de 24 ans. "J'aurais dû l'amener beaucoup plus tôt, quand elle avait 15 ans. Le plus tôt est le mieux".
"Ces formations sont à destination en particulier des jeunes femmes noires, statistiquement les plus ciblées par la criminalité", explique Themba Kubheka, de l'association GOSA et créateur de ces stages. "Chaque femme ici connaît une femme qui a été violée, volée, frappée. Chacune a une histoire sur la violence de ce pays."
Après trois balles, Nthabiseng Phele repose l'arme sur la table du stand de tir. Ses mains tremblent, elle transpire. La jeune femme de 32 ans est visiblement secouée.
Il y a neuf ans, elle a été violée. A plusieurs reprises, dans sa chambre. Le voisin de la maison qu'elle occupait avec ses parents, dans une banlieue de Johannesburg, entrait par la fenêtre.



















